Avant-propos
de l’éditeur
Merci,
Monsieur Grevisse!
Bonjour,
Monsieur Goosse!
L’histoire
des Éditions Duculot était si étroitement liée à celle du
Bon
usage, comment ne pas vouloir exprimer, à l’occasion de nos
« noces d’or »
avec celle qui, plus que jamais, reste la « première grammaire française
de notre temps », notre gratitude admirative et émerveillée pour
l’œuvre monumentale accomplie par Maurice Grevisse, et menée jusqu’à
son plein épanouissement par André Goosse, sous les traits de cette douzième
édition.
D’autres
voix plus autorisées – écrivains, linguistes, critiques – diront dans
les pages qui suivent les qualités scientifiques et pédagogiques
permanentes de cette oeuvre, qui, au fil de ses douze éditions, n’a cessé
de voir croître sa diffusion et son rayonnement.
Ce
que nous pouvons attester, c’est, à côté de cette permanence qui
constitue déjà un phénomène en soi dans la vie de l’édition
contemporaine, et au-delà du tohu-bohu des écoles, des chapelles et des
querelles, l’unanimité dont Le bon
usage fait l’objet depuis le jour – c’était en 1947 – où
André Gide le désignait à ses lecteur du Figaro
littéraire comme la meilleure grammaire française, la bible de
notre langue, une grammaire et une bible qui se lisent, ajoutait Gide, «
avec amusement et ravissement ».
De
Gide à Marie Cardinal, de Georges Duhamel à Bernard Clavel, de Robert Le
Bidois à Jacques Cellard, la liste est pratiquement sans fin de tous les témoignages
qui, à chaque nouvelle édition du Bon usage, ont salué en lui l’incomparable outil de maîtrise de
la langue française.
La
grammaire, quand elle se nomme Le bon
usage, a perdu son air de vieille fille acariâtre; elle est devenue une
conseillère accorte et souriante, inspirant l’audace créatrice plutôt
que la crainte inhibitrice.
Cette révolution tranquille, Maurice Grevisse l’a
poursuivie avec patience et opiniâtreté depuis 1936, année de la
première édition du Bon
usage. Tous les quatre ans en moyenne, une nouvelle édition,
revue et augmentée, faisait le point des observations accumulées au fin
l’un travail ascétique, constamment animé par la passion exclusive de la
langue française, tout à la fois source et véhicule de notre culture même.
Maurice
Grevisse s’est éteint en juillet 1980, peu après la sortie de presse de
la onzième édition, à laquelle il avait travaillé jusqu’à la limite
de ses forces.
André
Goosse, son gendre et premier collaborateur, a pris le relais. Avec la même
compétence, la même vigilance, le même enthousiasme.
Les
éditeurs et imprimeurs
J.
DUCULOT.
P.S.
Alors que nous nous préparions à présenter la nouvelle édition du Bon
usage, un incendie a anéanti en quelques heures tous nos
ateliers et tous nos ouvrages et, parmi ceux-ci, la plus grande partie des
nouveaux exemplaires de la grammaire de Grevisse.
C’est pourquoi nous sommes très heureux et particulièrement émus de
pouvoir aujourd’hui, cinquante ans après la première édition et trois
mois à peine après l’incendie, vous présenter cette douzième édition
du Bon usage, qui, non
seulement renouvelée et refondue par André Gosse mais encore sauvée des
flammes puis réimprimée, s’apprête, nous n’en doutons pas, à refaire
une nouvelle fois le tour du monde, pour le plus grand rayonnement de la
langue française.
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