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La vie de la femme montagnaise en hiver (1895-1948)


Résumé :

En hiver, les femmes montagnaises jouent un rôle important dans la vie de la famille en forêt.

Référence :

BOUCHARD, Serge, Chroniques de chasse d’un Montagnais de Mingan, Mathieu Mestokosho, Québec, Ministère des affaires culturelles, 1977, Coll. Civilisations du Québec, Série Cultures amérindiennes.

Auteur :

Pierre Girard


On s’imagine souvent que les Amérindiens ont cessé de vivre à leur façon quand les Blancs sont arrivés en Nouvelle-France. Pourtant, plusieurs d’entre eux, dont les Montagnais de la Côte Nord, près de Sept-Îles, ont continué à vivre sous la tente longtemps après l’arrivée des colons français.

Ainsi, entre 1895 et 1940, les Montagnais passaient encore l’hiver sous la tente comme autrefois. Ils utilisaient toutefois pour survivre des outils modernes, comme la carabine. Vivre en forêt demande beaucoup d’endurance pour survivre aux rigueurs de l’hiver.

En général, les hommes font la chasse au gros gibier, comme le caribou et l’ours, tandis que les femmes restent au campement pour s’occuper de tout le reste. Cependant, quand c’est nécessaire, les femmes partent aussi à la chasse et sont tout aussi habiles que les hommes pour tuer le caribou.

La femme montagnaise chasse au collet, un piège fait d’un petit fil de laiton qui étouffe l’animal. Cette méthode est utilisée pour la chasse au petit gibier, comme le lièvre, la marte, le porc-épic et la perdrix. Parfois, les femmes ramènent plus de gibier que les hommes et nourrissent la famille pendant plusieurs jours.

À l’automne, les Montagnaises posent des filets dans les lacs et les rivières tant qu’il n’y a pas de glace. Elles capturent ainsi du poisson qu’on fait sécher en le fumant sur un feu de bois pour le conserver le reste de l’hiver.

Les hommes ne ramènent pas toujours du gibier. Il s’écoule souvent plusieurs jours avant de voir des caribous. La famille montagnaise mourrait alors de faim l’hiver si les femmes ne chassaient pas les petits animaux et ne prenaient pas de poissons au filet. La vie de tous dépend du travail des femmes.

En plus de faire la chasse et la pêche, la Montagnaise prépare les repas, s’occupe des enfants et surveille le campement.

Quand la chasse au caribou est bonne, les femmes aident les hommes à transporter les morceaux de viande de caribou. Le transport est très fatigant parce qu’il faut parfois marcher jusqu’à 10 kilomètres pour rapporter les lourdes pièces de viande jusqu’au campement.

Ensuite, les femmes nettoient les fourrures des animaux, petits et gros, pour en faire des mitaines, des bottes et des manteaux.

De nos jours, les Montagnais vivent dans des maisons comme celles des Blancs. Il n’y a que quelques vieilles personnes qui vivent encore sous la tente.